Nova et Vetera

Nova et Vetera 99, 4/2024

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Articles

L'ombre de l'Esprit. L'Esprit Saint et l'eucharistie chez saint Thomas d'Aquin

Serge-Thomas Bonino OP

La présence et l’action de l’Esprit dans le mystère eucharistique ne se révèlent chez saint Thomas qu’à la lumière des grands principes qui structurent sa théologie. L’inséparabilité des missions du Fils et de l’Esprit dans l’économie du salut, le lien intrinsèque entre la charité et l’Esprit comme Amour incréé, éclairent toute l’économie des sacrements de la Loi nouvelle et en particulier le mystère eucharistique qui en est le cœur. Il apparaît alors que l’Esprit est à l’œuvre tant dans la réalisation du sacrement que dans le déploiement de ses effets dans la communauté ecclésiale et dans l’âme du fidèle.

La notion de philosophie chrétienne chez Étienne Gilson

Colin Favre

La compréhension qu’a Gilson de la philosophie chrétienne est controversée. Certains de ses détracteurs l’accusent de transformer la philosophie chrétienne en théologie. Cette étude défend Gilson contre cette accusation. Dans un premier temps, il est montré que Gilson avait conscience qu’il fallait maintenir une stricte distinction entre la philosophie chrétienne et la théologie. Dès lors, une lecture charitable oblige à chercher une interprétation où Gilson parvient à maintenir cette distinction. Une telle interprétation est ici présentée et défendue. Pour finir, bien que cette interprétation sauve Gilson de la contradiction, elle manifeste néanmoins certaines difficultés inhérentes à la position adoptée par le médiéviste ; difficultés qui, dans une certaine mesure, rendent compte des critiques de ses détracteurs.

Jacques Maritain et Albert Sandoz : chronique d’une « amitié durement secouée » (1928 1939)

Bernard Hubert

Jacques Maritain fut pour Albert Sandoz un père dans la sagesse. Il l’accueillit à Meudon au sein des réunions d’études des Cercles d’études thomistes avec un groupe de jeunes philosophes qu’il considérait quasiment comme ses enfants. De 1929 à 1935 l’accompagnement humain, spirituel et intellectuel de Jacques Maritain à l’égard d’Albert Sandoz fut croissant. Quelques divergences quant à leurs options politiques et sociales se firent jour entre 1935 et 1936, mais c’est en 1939 qu’un événement lié à une recension critique du livre de Maritain Questions de conscience dans la Revue de philosophie, dont Albert Sandoz était secrétaire de rédaction, provoqua une brouille entre eux. Celle-ci se dissipa après une clarification qui mit en évidence la réalité de leur amitié malgré leur désaccord intellectuel sur des questions disputées.

Le sens et la théologie du corps

Michele M. Schumacher

Cet article cherche à exposer les éléments importants de l’anthropologie intégrale proposée par Paul VI dans Humanae Vitae et développée par le pape Jean-Paul II dans sa théologie du corps, y compris l’intégration de la liberté humaine et de la causalité humaine dans la liberté divine et la causalité divine. Il développe l’arrière-plan métaphysique thomiste de la théologie du corps, qui unit les dimensions objectives, ontologiques et métaphysiques du corps humain avec son sexe, d’une part, et la dimension subjective et psychologique de ce même corps dans l’expérience vécue de la communion, d’autre part.

Athanase d’Alexandrie et la preuve par l’ὁμοῦσιος d’après la Lettre sur les synodes

Valerry Wilson

La Lettre sur les synodes d’Athanase d’Alexandrie peut servir d’ouvrage de référence historique pour celui qui veut comprendre les enjeux des débats christologiques à la suite du Concile de Nicée en 325. Pour défendre la foi de Nicée et pour répondre aux dissidents, Athanase non seulement soutient d’importants points de doctrine tels que « le Fils est Engendré de l’Inengendré », « issu du Père » et donc « consubstantiel au Père », mais il s’en sert aussi dans ses argumentations. Douter de la consubstantialité du Fils au Père, c’est le réduire à une créature et donc ne pas le reconnaître comme Dieu et comme Sauveur.

Notes et lectures

La fillette abusée, lieu de Dieu. Une relecture d’Emerentia 1713 de Corinna Bille

Pierre-Yves Maillard

 

Emerentia 1713 de Stéphanie Corinna Bille retrace l’histoire d’une enfant confiée à l’instruction d’un curé dont l’exigence et la cruauté vont conduire à la mort de la fillette éprise de liberté. Au-delà de l’opposition entre l’autoritarisme du prêtre et la spontanéité de l’enfant, la crise actuelle des abus en Église autorise une autre lecture : dans ce récit, la véritable croyante est l’enfant, le doyen se révèle comme l’archétype des abuseurs, et la fillette abusée est le lieu de Dieu.

 

Bibliographie

Gilles Berrut, Catherine Masson, Jean-René Barthelemy, Vivre l’Évangile, Chemins croisés de laïcs dominicains – Grégoire de Nysse, Homélies sur le Cantique des Cantiques VI-X – Lucie Malbos, Les peuples du Nord, De Frodi à Harald l’Impitoyable – Nathalie NAbert (dir.), La prière dans l’ordre des chartreux, Études et anthropologie – Charles Personnaz, La civilisation des Chrétiens d’Orient, Une traversée du temps et du monde.

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