Le Numéro 1 (Vol. 85, Janvier-Février-Mars 2010) paraît fin
février.
Au
sommaire :
Editorial
En introduisant dans sa Constitution l’interdiction de nouveaux
minarets, par le vote populaire du 29 novembre 2009, le peuple suisse a
fait la une de la presse mondiale. Jean-Paul II illustrait son cri de
foi : « N’ayez pas peur ». A cette lumière, on songe que l’initiative
suisse n’est pas la meilleure manifestation de la « civilisation
chrétienne ». Ce vote interpelle à la fois musulmans et chrétiens. Il
invite les musulmans à distinguer de l’islam comme tel la forme de société
de leur pays d’origine, afin qu’ils puissent devenir des citoyens à part
entière sans avoir à bouleverser les sociétés européennes. Et il invite
les chrétiens à témoigner de leur foi d’une manière plus positive, en
montrant aux musulmans comment l’amour de Dieu rejaillit sur les hommes :
les chrétiens aussi prient, pratiquent l’aumône et l’hospitalité.
Anglicanorum coetibus
Fr. Charles
Morerod, op
La Constitution apostolique Anglicanorum coetibus sur l’accueil
institutionnel de groupes d’anglicans dans la pleine communion de l’Eglise
catholique, publiée le 4 novembre 2009 par le pape Benoît XVI. suscite au
moins deux questions. La plus immédiate concerne la structure dans
laquelle sera accueilli un nombre inconnu d’anglicans. La plus profonde
concerne une éventuelle nouvelle vision de l’œcuménisme. Ces deux
questions se comprennent sur l’arrière-fond des spécificités de
l’anglicanisme. que l’auteur s’emploie à analyser. Il indique les effets
pratiques de Anglicanorum Coetibus et s’interroge sur une nouvelle
vision de l’œcuménisme qui pourrait en découler.
Charles Journet,
théologien, cardinal, prêtre avant tout
Guy Boissard
Depuis le jour où, vers
ses seize ans, Charles Journet a décidé de répondre à l’appel du Seigneur
à la prêtrise, il a suivi une trajectoire rectiligne qu’on pourra
qualifier de pleinement sacerdotale. Ce qui fut constamment pour lui la
manifestation la plus évidente de sa mission de prêtre fut la célébration
de l’eucharistie. Actif dans le ministère durant toute sa vie, l’ancien
vicaire de paroisse, le théologien de L’Église du Verbe incarné
devenu cardinal donna le témoignage d’une vocation de prêtre pleinement et
essentiellement assumée.
Quelle continuité de l’élection d’Israël
après la venue du Christ ?
Une réponse à B. Marshall
Fr. Emmanuel
Perrier, op
La notion centrale du
supersessionisme est la substitution du nouveau Peuple de Dieu à l’ancien.
Sur cette base, l’harmonisation avec Nostra Aetate s’avère
évidemment difficile et l’on est naturellement conduit à en chercher
l’issue dans un dépassement, que B. Marshall appelle post-supersessioniste.
Or la position supersessioniste peut paraître étrange et, avec elle, la
position post-supersessioniste. L’auteur en donne plusieurs raisons
suffisant, selon lui, à esquisser une position alternative au
supersessionisme et au post-supersessionisme, dont la portée dépasse la
question du rapport entre l’Église et Israël.
Philosophes et l’expérience de la mort
Georges Card. Cottier, O.P.
L’enquête qui constitue le contenu de cette étude met en évidence
l’importance majeure du problème du statut de la philosophie en relation
aux lumières de la Révélation et de la théologie qui en découle. Sur ce
problème pèse, d’une manière plus ou moins directe, la prétention du
rationalisme moderne à l’autosuffisance de la raison humaine. Devant un
problème comme celui du sens de la mort pour l’existence singulière de la
personne, la ligne de partage est nette entre d’un côté ce que la raison
seule peut affirmer, et, de l’autre, ce qu’elle reçoit de son ouverture à
une lumière reçue de plus haut. Le propos de l’auteur est de vérifier
l’incidence sur l’approche de l’expérience de la mort de la prise en
compte, ou non, de ce que nous savons par la voie de la Révélation. Il
interroge à cet effet des penseurs qui se rattachent diversement à ce
qu’on a appelé la philosophie existentielle. Tels Pascal, Kierkegaard,
Gabriel Marcel, Jaspers, Heidegger, Sartre, ils proposent des analyses
d’expériences, qui sont un apport certain à notre connaissance de la
condition humaine. Demeure toutefois cette question : la raison
humaine, libérée de l’imagination et des passions peut-elle prétendre
atteindre une connaissance directe de l’Absolu.
La vision de la société libérale dans l’œuvre de Jean-Claude Michéa
Fr. Loïc-Marie
Le Bot, op
La société décente ou socialiste à laquelle aspire Jean-Claude
Michéa au long de son œuvre n’est pas, à première vue, celle que prône la
doctrine sociale de l’Église. Mais on peut dépasser les premières
impressions. Jean-Claude Michéa détermine un certain nombre de questions
sur la place et la conception de l’homme, de sa destinée, de ses relations
sociales qui peuvent rejoindre nombre de positions de la réflexion de la
théologie catholique. Scrutant les ouvrages de ce penseur, l’auteur tente
d’en apprécier son apport et, en repérant aussi nos divergences,
d’intégrer quelques unes de ses idées.