Il est des modes dans l’univers des penseurs comme dans celui
de l’habillement. Mgr Hippolyte Simon, l’actuel archevêque de
Clermont-Ferrand, a raconté comment, au temps de ses études au cours des années
70, il allait de soi dans l’université parisienne qu’il fréquenta qu’on fût
marxiste. “Cela n’était pas soumis à discussion, c’était comme ça : le marxisme
faisait réellement partie de l’air du temps ”.
Le débat portait simplement sur les interprétations et les nuances.
Une autre mode a fait sa percée au cours du dernier quart du
précédent siècle : présenter la “sortie de la religion” comme une quasi
évidence, voire comme une valeur. Le livre de Marcel Gauchet qui a lancé
l’expression fait déjà “figure de classique”,
paraît-il. Effectivement, il suffit de se rappeler l’importance qu’un Charles
Maurras accordait à la religion catholique, alors qu’au plan des convictions il
faisait profession d’athéisme, pour réaliser combien la situation a changé au
plan sociologique. Aujourd’hui le fondateur de l’Action Française dirigerait
sans doute beaucoup moins son regard en direction du catholicisme, sinon pour
diagnostiquer lui aussi que la France est en bonne partie sortie de la religion.
L’histoire de l’Europe oblige cependant à conclure que la “sortie de la
religion” est en réalité moins neuve qu’il ne paraît ou, tout au moins, plonge
ses racines dans un passé vieux de plusieurs siècles, à savoir le nominalisme du
moyen âge finissant, avec son Dieu doué d’une toute-puissance totalement
arbitraire. A très juste titre l’homme contemporain qui réfléchit préfère, à une
morale présentée comme le fruit de caprices fussent-ils divins, la morale dictée
par sa propre conscience humaine. “ Point besoin de religion pour être honnête
et charitable ”, estime un philosophe qui a été ministre de la jeunesse, de
l’éducation nationale et de la recherche en France.
Au demeurant Marcel Gauchet lui-même a conscience que la solution au problème de
Dieu, telle qu’il la propose, s’inscrit dans ce cadre-là : “ Toute l’histoire
religieuse et intellectuelle de l’Europe chrétienne va tourner autour de cet
unique et même enjeu central : pesée en faveur de l’omnipotente extériorité de
Dieu, effort pour la contrer ou pour revenir sur ses effets. Là réside le cœur
invariable à partir duquel s’éclaire l’unité de cette succession
extraordinairement embrouillée de disputes et de batailles ”.
Une fois compris le rapport de l’homme à Dieu de la sorte, sortir de la religion
paraît être la seule issue digne d’un être capable de distinguer entre le bien
et le mal. Adoration et action de grâces sont, dans une telle perspective, des
actes irrationnels, puisque l’homme ne doit rien à Dieu sinon, au mieux,
l’existence brute, sans véritable valeur morale.
Jésus sorti de la religion ?
Est-il symptomatique de la mentalité contemporaine que l’on
voie des chrétiens non seulement constater une certaine sortie de la religion,
mais la préconiser au nom du passage de l’Ancien Testament au Nouveau ?
Projetant sur les relations entre l’homme et Dieu ce qui se passe au sein de
l’humanité, la religion de l’Ancien Testament, nous dit-on, prétendait exercer
une influence sur Dieu au moyen d’offrandes rituelles. Typique de l’Ancien
Testament serait la réaction d’un Isaïe aux mains vides face aux séraphins
célestes : “ Malheur à moi, je suis perdu ” (Is 6,5). Réaction de terreur
normale chez un homme au psychisme dominé par la religion. Plus en général, un
vice fondamental infecte la religion et le culte : à savoir la conviction que
Dieu donne seulement à qui lui donne des honneurs.
Avec Jésus, toujours d’après les adeptes d’un christianisme
sorti de la religion, apparaît fort heureusement le concept “ d’une religion
affranchie des limites du religieux ”. Au demeurant, Jésus n’a-t-il pas
délibérément transgressé les interdits de la religion d’Israël ? Fidèles à
l’inspiration de leur Maître, les disciples de Jésus se sont débarrassés des
lois religieuses de leurs peuples. Le Dieu auquel Jésus a rendu témoignage
n’exige aucune réparation pour d’éventuelles transgressions. Il abandonne les
hommes à leur liberté. Il ne veut ni oblations ni sacrifices pour les péchés,-
He 10,6 étant cité en ce sens.
Rien de nouveau sous le soleil, est-on tenté de conclure. On
rencontre en effet ce genre de sortie de la religion déjà chez un Lucrèce. Aux
yeux de ce païen contemporain du Christ, la religion consiste en “ un système de
menaces et de promesses qui cultive et développe le fond craintif de la nature
humaine, qui écrase l’homme, contre lequel, s’il est noble et courageux, l’homme
se révolte ”.
Il y a cependant une différence capitale entre l’attitude d’un Lucrèce et celle
des chrétiens dont il a été question plus haut. Lucrèce était athée, tandis que
pour ces derniers la sortie de la religion procède, au contraire, d’une
conviction au sujet de l’infinie bonté de Dieu. C’est précisément en raison de
son infinie bonté que le Dieu du christianisme ne veut ni oblations ni
sacrifices, à la différence du Dieu de l’Ancien Testament.
Ce type de sortie de la religion, qui se veut chrétienne
d’inspiration, renoue avec le courant marcionite, qui débuta au second siècle
après le Christ.
D’après son initiateur, Marcion, le message et l’œuvre du Christ constituent une
nouveauté totalement hétérogène par rapport à la Loi de l’Ancien Testament, si
cruelle et si effrayante. Toujours d’après Marcion, le Dieu de Jésus, étant pure
bonté, pure miséricorde, ne punit jamais. Présentation combien séduisante de
l’Évangile et de sa nouveauté ! Mais pour repérer les lieux où elle mène ceux
qu’elle enchante, il faut connaître non seulement la dimension sentimentale de
cette nouveauté, mais aussi sa dimension existentielle. Car Marcion rejetait non
seulement le Dieu de l’Ancien Testament. Il rejetait également la création,
œuvre de ce Dieu.
Le Christ, son œuvre et la mémoire de son œuvre
D’après la première page de la Bible la création sortie de la
main de Dieu était bonne. Quant à l’homme, il avait même été créé “ à l’image de
Dieu” (Gn 1,27). La révélation apportée en plénitude par le Christ nous
permet de pénétrer la signification du rapport à Dieu exprimé par la notion
d’image. Car “ l’image de Dieu ” en plénitude (2 Co 4,4), c’est le Christ
lui-même, Fils de Dieu. De toute éternité, le Fils glorifie le Père en
reconnaissant qu’il a tout reçu de lui. C’est “ dans le Christ, “image du Dieu
invisible” (Col 1,15), que l’homme a été créé “à l’image et à la ressemblance”
du Créateur ”, lisons-nous dans le Catéchisme de l’Église catholique
(n. 1701). L’homme provient lui aussi du Père, même si ce n’est pas par voie de
procession comme c’est le cas pour le Fils éternel, mais par voie de création.
Il a donc lui aussi la vocation fondamentale de glorifier le Père en rendant
grâce et en respectant sa structure d’être créé à la ressemblance de Dieu. Il le
fait en observant les commandements. En les violant, il a non seulement offensé
le Créateur, mais il s’est défiguré lui-même. De plus il oublie trop souvent que
le devoir de rendre grâce à Dieu fait partie de sa propre constitution humaine.
Les actes de religion, et en particulier ceux qui scandalisent tellement dans
une perspective marcionite comme sacrifice, rédemption, expiation, visent
précisément à guérir une humanité défigurée intrinsèquement du fait que
son rapport avec Dieu a été faussé. Devenu homme en naissant de la Vierge Marie,
le Fils de Dieu opère la guérison de l’humanité. “ C’est dans le Christ,
rédempteur et sauveur, que l’image divine, altérée dans l’homme par le premier
péché, a été restaurée dans sa beauté originelle et ennoblie de la grâce de Dieu
” (CEC 1701).
Dans une perspective marcionite imbue de mépris tant pour le
Créateur que pour la création, tout cela n’a évidemment aucun sens. Marcion se
voulait chrétien et reconnaissait l’autorité des Écritures. Mais conséquent avec
sa vision des choses, il éliminait de ces dernières tout ce qui, en elles, ne
cadrait pas avec l’univers inventé par lui : donc tout l’Ancien Testament et une
bonne partie du Nouveau. La nouvelle sortie de la religion pratique une lecture
discriminatoire semblable. Sans doute elle n’élimine pas, mais elle oublie.
Ainsi par exemple à propos de la terreur éprouvée par un Isaïe, rapportée plus
haut. On oublie que cette terreur s’enracine dans la conviction d’avoir offensé
Dieu et qu’elle disparaît à la suite d’une purification opérée au nom de Dieu :
“ Vois donc, ceci a touché tes lèvres, ton péché est effacé, ton iniquité est
expiée ” (Is 6,7). Ainsi encore à propos du fameux “ Tu n’as voulu ni sacrifice
ni oblation ” de He10, 5a. On oublie la suite : “mais tu m’as formé un corps...
Alors j’ai dit : je viens ... pour faire, ô Dieu, ta volonté... Et c’est en
vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de
Jésus Christ, une fois pour toutes ” (He10, 5b.7a.10). Et l’on fait l’impasse
sur les textes scripturaires au contenu semblable, comme par exemple Rm 3,25
(Dieu l’a destiné à être “ instrument de propitiation par son propre sang ”) ou
encore 1 Jn 2,2 (“ C’est lui [Jésus] qui est victime de propitiation pour nos
péchés ”). On oublie ces textes parce qu’ils sont devenus inintelligibles à
partir du moment où la guérison de l’homme par rapport au Créateur n’a point de
sens puisque (dans la perspective marcionite) l’homme n’a pas été créé à l’image
de son Créateur, et puisqu’il n’y a point d’infidélité par rapport à l’Alliance,
celle-ci n’ayant jamais existé.
La nouveauté chrétienne
Or pour la foi chrétienne la nouveauté apportée par le Christ
consiste en une guérison du lien qui relie l’humanité à Dieu. D’infidèle,
l’humanité redevient ainsi fidèle. Le Verbe de Dieu qui a opéré ce
rétablissement “ s’appelle “Fidèle” et “Vrai”... ” (Ap 19,11). Et loin de
supprimer la religion, d’en sortir, le Christ a ordonné aux siens de faire
mémoire de lui et de son œuvre en célébrant un acte de religion. Et celui-ci
contient le suprême acte de religion posé par lui, à savoir l’offrande de son
corps et de son sang dans un mouvement d’action de grâce : “ prenant une coupe,
il rendit grâce et la leur donna en disant “Buvez-en tous, car ceci est mon
sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission
des péchés” ” (Mt 26,28).
Il est d’autre parti significatif que Jésus ait coulé son
acte de religion dans un acte liturgique du peuple de l’Alliance, à savoir dans
la liturgie solennelle du repas telle que célébrée à Pâques. “ Jésus suit les
rites d’Israël ”, a rappelé Benoît XVI, lors des dernières Journées mondiales de
la Jeunesse. “ Il récite sur le pain la prière de louange et de bénédiction. ”
Mais ensuite bien sûr, “se produit quelque chose de nouveau. Il ne remercie pas
Dieu seulement pour ses grandes œuvres du passé; il le remercie pour sa propre
exaltation, qui se réalisera par la Croix et la Résurrection, et il s’adresse
aussi aux disciples avec des mots qui contiennent la totalité de la Loi et des
Prophètes: "Ceci est mon Corps donné pour vous en sacrifice. Ce calice est la
Nouvelle Alliance en mon Sang". Il distribue alors le pain et le calice, et en
même temps il leur confie la mission de redire et de refaire toujours de nouveau
en sa mémoire ce qu’il est en train de dire et de faire en ce moment ”.
Les disciples du Christ ont continué à marcher dans ce
sillage. Ensemble avec les écrits du Nouveau Testament, quelques textes très
anciens ont été conservés, qui nous permettent de nous former une idée de ce que
fut la liturgie des premiers chrétiens. Parmi ces textes, il faut tout d'abord
mentionner un formulaire eucharistique faisant partie de la Didachè, une
compilation en langue grecque, due probablement à un judéo-chrétien. Ce
formulaire correspond certainement aux usages liturgiques d'une époque
extrêmement primitive.
Composé au moyen d'expressions de type sémitique plutôt hermétiques pour des
occidentaux, il suit en effet d'extrêmement près la bénédiction juive prononcée
à la fin du repas, la “ birkat ha-mazon ”. Il la suit de tellement près, qu'on a
pu l'appeler la “ birkat ha-mazon chrétienne ”. On y reconnaît néanmoins
les caractéristiques de l'Eucharistie chrétienne : action de grâces prononcée
sur le vin et sur le pain, remerciant Dieu non point pour le vin et le pain en
général, mais pour “ la sainte vigne de David ” et “ pour la vie et la
connaissance ” que Dieu accorde par Jésus; louange exprimant le fait que Dieu
donne non seulement la nourriture et le breuvage matériels, mais encore et
surtout, par Jésus, une nourriture et breuvage “ spirituels ”, ainsi que la vie
éternelle; prière demandant à Dieu de rassembler “ des quatre vents ” son
Église, “ dans le Royaume ” qu'il lui a préparé.
Le formulaire eucharistique conservé dans la Tradition
apostolique, œuvre que certains patrologues ont cru pouvoir attribuer à un
auteur du 3ème siècle nommé Hippolyte, va dans le même sens. Cette
prière eucharistique, qui est la principale source de la seconde prière
eucharistique de l’actuel Missel romain, rend grâce pour la création et pour
l’alliance que Dieu a conclue avec son peuple. Reprenant la structure du repas
solennel juif, elle comporte la dimension “mémorial” pour les hauts-faits
du passé, typique de l’action de grâce tant juive que chrétienne. “ Nous
souvenant donc de sa mort et de sa résurrection, nous t'offrons ce pain
et ce calice, en te rendant grâces de ce que tu nous as jugés dignes de nous
tenir devant toi et de te servir comme prêtres ”.
Exerçant une fonction sacerdotale, l'Église offre à Dieu le corps et le sang de
Jésus, gages du salut présent et futur, qu'elle a reçus de Dieu. Mais cette
dynamique d'offrande existait déjà dans les repas solennels juifs.
Le dynamisme agissant dans ce type de prières qui
appartiennent à la tradition catholique, qui sont demeurés en usage au long des
siècles et qui continuent à demeurer en usage, est donc un dynamisme d’action de
grâce, d’“eucharistie”. Rendre grâce appartient constitutionnellement à
l’assemblée chrétienne. Elle rend grâce pour la Rédemption, mais également pour
la création, pour l’alliance accordée par Dieu à son peuple et pour tout
ce qui a préparé la Rédemption. Aussi rendre grâce implique faire mémoire en
relisant l’Ancien Testament. L'Église catholique cite cet Ancien Testament
quotidiennement, elle en tire la substance de ses prières, alors que dans sa
liturgie elle accorde aux chefs d'œuvre explicitement chrétiens d'un saint
Augustin ou d'un saint Jean de la Croix par exemple, une place seulement
subordonnée. Les vieux récits qu’il transmet, parfois extrêmement crus et
primitifs, ces prières tissées d'images et de situations révolues : tout cela
permet à l'Église de célébrer la fidélité du Seigneur, de rendre grâce au
Seigneur pour son action, qui remonte au début de l'histoire et s'est poursuivie
depuis. En un mot, l'Ancien Testament permet à l'Église de célébrer “ le mystère
de notre salut ” (Vatican II, Dei Verbum 15). Mystère qui s’accomplit à
travers l’histoire, mystère dont Dieu lui-même rappelle et actualise le
dynamisme au moyen de ces vieux livres. Sans eux, le Nouveau Testament
demeurerait en bonne partie inintelligible (cf. Dei Verbum 16). Tant par
eux que par les livres du Nouveau Testament, le Père lui-même “ entre en
conversation ” avec ses fils (Dei Verbum 21). Il convient à ce propos de
noter la place capitale occupée dans la liturgie catholique par les trois
cantiques évangéliques, le Magnificat, le Benedictus et le Nunc
dimittis (Luc 1,46-55, 68-79; 2,29-32). Tous les trois se réfèrent
explicitement à l’histoire vétérotestamentaire.
Dans le sillage du marcionisme
En revanche que peut-il se passer, lorsque marchant dans le
sillage de Marcion, des chrétiens oublient que l’homme a été créé à l’image de
Dieu ? De toute évidence, le bi-déisme d’un Marcion n’est plus de mise
aujourd’hui. Cependant avec Marcion on oubliera la paternité de Dieu, puisqu’on
aura oublié que Dieu nous a créés à son image. Il y aura dérapage en direction
de l’islam. En effet pour l’islam il n’est pas question de voir en Dieu un Père.
Le dérapage toutefois n’ira pas jusqu’au bout. On s’arrêtera en chemin à l’idée
d’un Dieu tout en sentiments bienveillants, poussant la bienveillance jusqu’à
envoyer son Fils faire acte de solidarité,- en somme un Dieu tyran bienveillant,
généreux même et compatissant, mais non point père et nous voulant semblables à
lui. Le rapport de l’homme à Dieu sera devenu totalement extrinsèque, au point
que tout rappel à la pénitence, à la réparation scandalisera nécessairement, car
évoquant l’idée d’une vengeance exercée par un maître odieux à l’égard
d’esclaves impuissants.
On peut également déraper en direction du panthéisme. Rempli
de bons sentiments comme le second dieu de Marcion, Dieu sera compris comme
tellement rapproché de l’humanité que la distance entre elle et lui aura
disparu. La distinction entre causalité créatrice exercée par Dieu et causalité
exercée par l’homme sera devenue floue. L’unité ou l’union entre le divin et
l’humain étant considérée le lot commun de toute l’humanité, Jésus aura
cessé d’être absolument unique en réunissant seul, dans sa personne, le fini et
l’infini.
Ou bien encore on réduira Jésus à la fonction de symbole ou manifestation d’une
divine présence universelle et de lieu de rencontre, comme le propose un certain
pluralisme religieux. Un individu qui ne connaîtrait le christianisme que sous
ces formes, jugera sans doute l’athéisme et l’agnosticisme comme des solutions,
après tout, moins insatisfaisantes.
D’où l’importance du synode d’octobre 2005, consacré à
l’Eucharistie. Il y va non seulement de la santé d’une dévotion d’ordre capital
en vérité, mais aussi tout simplement de l’existence du christianisme.
Mgr
Hippolyte Simon, La liberté
ou les idoles ? Entretiens avec Frédéric Mounier. Paris, Cana, Desclée
de Brouwer, 2002, p. 27.
Luc
Ferry, L’homme-Dieu, ou Le
sens de la vie. Paris, B. Grasset, 1996, p. 37. Le livre de M.G. a pour
titre : Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la
religion. Paris, Gallimard, 1985.
Luc
Ferry, L’homme-Dieu,
p. 39.
Marcel
Gauchet, Le désenchantement,
p. 70.
Michel
Despland, La religion en
occident. Évolution des idées et du vécu. Préface de Claude Geffré.
Montréal, Éditions Fides; Paris, Éditions du Cerf, 1979 (Cogitatio fidei,
10), p. 31.
Cf.
Adolf von Harnack, Marcion.
L’évangile du Dieu étranger. Une monographie sur
l’histoire de la fondation de l’Église catholique. Traduit par Bernard
Lauret et suivi de contributions de Bernard Lauret, Guy Monnot et Émile
Poulat. Avec un essai de Michel
Tardieu, Marcion depuis Harnack. Paris, Cerf, 2003
(Patrimoines christianisme). Le livre parut en 1920 et connut une 2e
édition dès 1924, du vivant de l’auteur. La traduction est faite d’après
cette dernière
.Homélie
prononcée par Benoît XVI le dimanche 21 août 2005, lors de la messe de
clôture des XXe Journées mondiales de la Jeunesse de Cologne.
D'après
certains historiens, le formulaire eucharistique de la Didachè, chap.
9-10, serait antérieur à la rédaction de 1 Co par saint Paul, qui l'aurait
connu et utilisé (cf. E. Mazza, L'anafora eucaristica. Studi sulle
origini, Rome, Edizioni Liturgiche, 1992, p. 44-45, 108-109).
Quant à la compilation du recueil complet, elle remonterait au second siècle
ou même, d'après certains, au premier, à l'époque de la rédaction du Nouveau
Testament.
Traduction de l’édition Botte, citée ici d'après Louis
Bouyer, L'Eucharistie.
Théologie et spiritualité de la prière eucharistique, 2e éd.,
Desclée, 1990, p. 169.
On rencontre une telle négation de l’unicité de Jésus, professée à partir
d’une perspective panthéisante, chez Bernard Besret, l’ancien prieur du
monastère de Boquen. B.B. admire Jésus, mais ne voit en lui qu’une figure
sublime parmi d’autres figures sublimes, et surtout pas le Fils de Dieu au
sens fort du terme : “ Par rapport à l’extraordinaire prétention de ce dogme
[l’Incarnation du Verbe éternel] qui déconsidère tous les autres sages, les
autres prophètes, les autres messagers, les autres avatars de Dieu
dans l’histoire, prétention qui, il est bon de le rappeler, est affaire des
chrétiens et non de Jésus lui-même, je me sens doublement hérétique” (B.
Besret, Confiteor. De la
contestation à la sérénité, Paris, Albin Michel, 1991, p. 120).
Doublement hérétique : B.B. veut dire qu’il se sent proche de la “ vision
spirituelle du monde ” des Alexandrins monophysites ; d’autre part, ne se
voyant pas “ obligé de professer en lui [Jésus] une unité ontologique qui
entraîne avec elle son lot incontournable d’exclusions ” (ibidem, p.
121), il se sent proche des Nestoriens.